Des adolescentes, victimes de chantage, forcées à se prostituer. - © Pixabay.com - Marcino – CC0 Creative Commons

Utilisant les réseaux sociaux et les applications de rencontres, des proxénètes se font passer pour de jeunes gens en quête d’amour, des « loverboys ». Ils dupent des adolescentes, qui leur envoient des photos ou des vidéos d’elles, à caractère sexuel. Dès ce moment, un jeu de chantage commence : les « loverboys » demandent aux jeunes filles de se prostituer, sous peine de voir les documents compromettants diffusés sur le web. Touchée par le phénomène, la ville d’Anvers a décidé de s’y attaquer en collaborant avec une ONG néerlandaise.

WhatsApp, Telegram ou encore Tinder. Les moyens de communications de notre époque multiplient les possibilités de contacter ses proches, mais aussi de parfaits inconnus. Les « loverboys » profitent de ce dédale numérique pour piéger leurs victimes. Première étape : agissant sous de faux-profils d’adolescents, ils entrent en contact avec de jeunes femmes (et parfois de jeunes hommes). En plein confiance, les adolescentes envoient des photos ou des vidéos personnelles, à caractère sexuel. « Les victimes sont dans un âge très vulnérable, explique Gideon van Aartsen, de l’ONG Terre des Hommes Netherlands, qui lutte contre les violences envers les mineurs. Elles sont en pleine découverte de leur sexualité, aiment l’aventure et cherchent à nouer de nouvelles relations« .

Rencontre dans la « vraie vie »

Deuxième étape : le « loverboy » et sa victime se donnent rendez-vous, dans la « vraie vie ». Alors qu’elle s’attend à rencontrer un adolescent de son âge, la jeune femme se retrouve face à un adulte, souvent d’une bonne vingtaine d’années.  » Le proxénète explique alors à sa victime : « J’ai des photos et des vidéos de toi nue. Si tu ne veux pas que je mette ça sur internet, tu vas devoir travailler pour moi« , détaille Gideon van Aartsen. Il arrive aussi que le « loverboy » et sa victime se rencontrent, sans envoi préalable de document compromettant. La jeune femme se voit alors alors forcée de poser nue, ou d’avoir une relation sexuelle, photographiée ou filmée. Le chantage repose ensuite sur les mêmes mécanismes.

Des adolescentes néerlandaises prostituées de force en Belgique

Troisième étape : les victimes sont contraintes de se prostituer, dans des contextes variés.
Exemple glaçant : un village de vacances, situé à la frontière belgo-néerlandaise, a servi de base d’exploitation d’une quinzaine d’adolescentes prostituées sous la contrainte. Les proxénètes étaient belges, allemands et néerlandais. Ils proposaient les services des jeunes femmes en ligne, et les clients abusaient d’elles dans des bungalows. Une victime de 17 ans a pu alerter l’ONG Terre des Hommes.

Ce proxénétisme d’un nouveau genre s’appuie sur des frontières intra-européennes ouvertes et des différences de traitements judiciaires selon les pays.  A ce titre, des « loverboys » originaire des Pays-Bas font appel à des réseaux belges. « Les proxénètes néerlandais passent des accords avec d’autres proxénètes basés en Belgique, explique Gideon van Aartsen. Les filles sont alors envoyées en Belgique. C’est une manière de les isoler. De plus, aux Pays-Bas, nous avons davantage de contrôles de police sur ces dossiers et notre ONG aussi est vigilante. »

Beaucoup de jeunes de différentes nationalités, hommes comme femmes, se retrouvent piégés de cette manière, même si l’ONG Terre des Hommes ne dispose d’aucun chiffre précis.

Les autorités anversoises veulent changer de méthodes

Une trentaine de dossiers de proxénétisme de mineurs sont en cours en Belgique, selon Child Focus.Conscientes du problème, les autorités anversoises veulent adapter leurs méthodes de lutte. Elles ont décidé d’échanger des informations sur les réseaux de « loverboys » avec l’ONG Terre des Hommes Netherlands.  Gideon van Aartsen relate que « des représentants de la ville d’Anvers, accompagnés de membres du parquet se sont rendus dans nos locaux, à La Haye, pour voir comment fonctionnait notre unité. Nous leur avons montré notre méthode de travail, notamment les recherches en ligne. Nous voulons partager notre savoir-faire avec la Belgique« . Child Focus s’est également rendue sur place.

L’ONG Terre des Hommes milite pour une plus grande implication des citoyens dans la dénonciation de la prostitution des mineurs. « Des familles n’osent pas parler à la police de certaines affaires, de peur de se voir retirer la garde de leurs enfants« . Terre des Hommes et Child Focus ont chacune mis en place des plates-forme pour recueillir des témoignages et des soupçons de prostitution de mineurs.

Source: RTBF – 3/11/2018

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